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RUSSIE 2018

Pour les amateurs de football et pour les amoureux de la Russie

Le jour où Platini a fait pleurer le Portugal

La France est la bête noire du Portugal. 1984, 2000, 2006: à trois reprises dans des matchs décisifs de grandes compétitions internationales, les coéquipiers de Platini, puis de Zidane, sont venus à bout des talentueux joueurs portugais. Dans la douleur…

Marseille, 23 juin 1984. Les gens qui n’ont pas connu cette époque peuvent difficilement se figurer ce que représentait cette demi-finale de l’Euro entre la France et le Portugal. La France du football, au début des années 80, c’était une France de « losers ». La championne du monde des matchs amicaux, pour reprendre une expression célèbre de nos voisins allemands. Glasgow et surtout Séville avaient laissé des traces indélébiles dans l’imaginaire collectif français.

Séville justement, deux ans plus tôt, Jean Tigana y était. Dans les vestiaires, après la défaite aux tirs aux buts face aux allemands, il avait été le témoin de l’écroulement psychologique et émotionnel de ses coéquipiers. Un vestiaire entier en larmes! Non, Jeannot ne voulait plus jamais revivre ça. Alors,ce 23 juin 1984, jour de son 29e anniversaire,  à une minute de la fin de la prolongation face au Portugal, le petit Marseillais est parti tout seul balle au pied, et à l’issue d’une longue chevauchée solitaire, il a centré en retrait pour son vieux complice, Michel Platini, délaissé au milieu de la surface portugaise. Platini, mal placé, n’a pas pu reprendre le ballon de volée. Il l’a tranquillement amorti, puis s’est retourné avant de crucifier les quatre joueurs portugais encore valides en cette fin de partie acharnée (3-2 pour la France).

La France a vaincu ses démons ce soir-là. La sélection dirigée par Michel Hidalgo est parvenue en finale de « son » Euro, et après le miracle de Marseille, plus rien n’aurait pu l’arrêter. Cette France championne d’Europe a ouvert la voie à la génération des Blanc, Deschamps et Zidane, une génération décomplexée qui a ensuite écrit sa propre histoire.

Les mauvais langues prétendent que le football est un sport qui se joue à 11 contre 11 et qu’à la fin, ce sont les Portugais qui perdent. De fait, la génération Zidane a fait tomber à deux reprises le Portugal, en demi-finale de l’Euro 2000 puis au même stade de la compétition six ans plus tard lors du Mondial allemand.

La génération Griezmann fera-t-elle aussi bien que ses glorieuses devancières ?

Patrick MORCELI

Petite histoire de la Berezina

L’écrivain-voyageur français Sylvain Tesson s’est lancé dans une aventure insensée en décembre 2012: deux siècles après la Retraite de Russie, partir sur les traces de la Grande Armée de Napoléon, de Moscou à Paris. Pas à pied, certes, mais en side-car!

Sylvain Tesson est un aventurier. A vélo, à cheval, à pied ou à la force de ses poignets, l’écrivain-voyageur a exploré les contrées les plus reculées de la planète. En 2012, une idée saugrenue est sortie de son cerveau agité: « refaire » la Retraite de Russie, de Moscou à l’hôtel des Invalides à Paris, en plein hiver, au guidon d’un vieux side-car Oural de l’époque soviétique. En compagnie d’un intellectuel taciturne, d’un photographe distrait et de deux jeunes russes légèrement déjantés, Tesson a pris la route un matin de décembre 2012, deux siècles après Napoléon et sa Grande Armée qui, à l’issue d’un long calvaire, s’est trouvée réduite à quelques centaines de Grognards.

Sorti en 2015 aux éditions Guérin, le récit de ses aventures, intitulé « Berezina », a obtenu plusieurs prix littéraires. Ce récit plein d’humour et très documenté sur l’époque napoléonienne vient de sortir en poche (Folio n°6105).

Les Russes vus par Sylvain Tesson

Bernard Pivot a dit tout le bien qu’il pensait du livre et de l’auteur en janvier 2015 dans une chronique publiée par le JDD.

Plutôt que de paraphraser le célèbre journaliste littéraire, le mieux est encore de céder la parole à Sylvain Tesson, un homme qui connaît bien la Russie, apprécie ce pays et en a suffisamment vu pour nous donner un aperçu de ses habitants:

« Ô, nous aimions ces Russes. Chez nous, l’opinion commune les méprisait. La presse les tenait, au mieux, pour des brutes à cheveux plats, incapables d’apprécier les mœurs aimables des peuplades du Caucase ou les subtilités de la social-démocratie et, au pire pour un ramassis de semi-Asiates aux yeux bleus méritant amplement la brutalité des satrapes sous le joug desquels ils s’alcoolisaient au cognac arménien pendant que leurs femmes rêvaient de tapiner à Nice.

« Ils sortaient de 70 ans de joug soviétique. Ils avaient subi dix années d’anarchie eltsinienne. Aujourd’hui, ils se revanchaient du siècle rouge, revenaient à grands pas sur l’échiquier mondial. Ils disaient des choses que nous jugions affreuses: ils étaient fiers de leur histoire, ils se sentaient pousser des idées patriotiques, ils plébiscitaient leur président, souhaitaient résister à l’hégémonie de l’Otan et opposaient l’idée de l’eurasisme aux effets très sensibles de l’euro-atlantisme. En outre, ils ne pensaient pas que les États-Unis avaient vocation à s’impatroniser dans les marches de l’ex-URSS. Pouah ! Ils étaient devenus infréquentables.

« Je côtoyais les Russes depuis le putsch avorté de Guennadi Ianaïev en août 1991. Ils ne m’avaient jamais semblé rongés par l’inquiétude, le calcul, la rancune, ni le doute: vertus de la modernité. Ils me paraissaient des cousins proches, peuplant un ventre géographique bordé à l’est par la Tartarie affreusement ventée et à l’ouest par notre péninsule en crise. Je nourrissais une tendresse pour ces Slaves des plaines et des forêts dont la poignée de main vous broyait à jamais l’envie de leur redire bonjour. Me plaisait leur fatalisme, cette manière de siffler le thé par un après-midi de soleil, leur goût du tragique, leur sens du sacré, leur inaptitude à l’organisation, cette capacité à jeter toutes leurs forces par la fenêtre de l’instant, leur impulsivité épuisante, leur mépris pour l’avenir et pour tout ce qui ressemblait à une programmatique personnelle. Les Russes furent les champions des plans quinquennaux parce qu’ils étaient incapables de prévoir ce qu’ils allaient faire eux-mêmes dans les cinq prochaines minutes. Quand bien même l’auraient-ils su, « ils n’atteignaient jamais leur but parce qu’ils le dépassaient toujours », précisait Mme de Staël. Et puis il y avait leur rugosité de premier abord. Un Russe ne faisait jamais l’effort de vous séduire. « On n’est pas des portiers de Sheraton tout de même », semblaient-ils penser en vous claquant la porte au visage. Au préalable, ils faisaient la gueule, mais il m’était arrivé de les voir m’offrir leur aide comme si j’avais été leur fils et je préférais ces imprévisibilités-là à celles des êtres qui décampaient au moindre nuage après vous avoir caressé le dos avec des familiarités de chatte… » (« Berezina », pages 98 à 100).

Patrick MORCELI

 

 

Doublé Euro-Mondial: un véritable exploit!

Alors que les équipes européennes dominent les compétitions internationales, l’Allemagne de l’Ouest (en 1974) et l’Espagne (en 2010, notre photo) sont les seuls champions d’Europe en titre à avoir remporté la Coupe du monde de football. Retour en images sur cette anomalie, à quelques semaines de l’ouverture de l’Euro 2016.

Le football russe est vierge de tout palmarès international. Il faut dire que la sélection de ce pays est jeune et qu’en une vingtaine d’années, elle n’a guère eu l’occasion de s’illustrer dans les grandes compétitions, excepté durant l’Euro 2008 (défaite en demi-finale face au futur vainqueur de l’épreuve, l’Espagne). Il faut remonter aux années 60 pour trouver trace de l’unique victoire « soviétique » dans une grande compétition. En 1960, emmenée par son mythique gardien Lev Yachine, elle remporte le premier championnat d’Europe des nations contre la Yougoslavie (2-1 après prolongations), grâce à un but de la tête de l’attaquant de Rostov, Viktor Ponedelnik. Précisons que la phase finale de cette compétition, organisée en France, ne réunissait que quatre équipes… La sélection soviétique a ensuite été finaliste de trois championnats d’Europe, sans rééditer son exploit. Parmi les favoris lors de la Coupe du monde 1962, les Soviétiques sont éliminés par le pays organisateur, le Chili, en quarts de finale (2-1). Le début d’une longue malédiction pour les  champions européens.

Gerd Müller, buteur en série

L’Espagne et l’Italie remportent ensuite les championnats d’Europe qu’elles organisent sur leur territoire en 1964 et 1968, sans parvenir à confirmer leur succès au niveau mondial. En 1972, l’Allemagne de l’Ouest, emmenée par Franz Beckenbauer, s’impose à son tour en Belgique. Les Allemands l’emportent largement en finale contre l’URSS, 3-0, grâce notamment à un doublé de leur « Bomber », Gerd Müller. Ce même Müller donnera la victoire à son équipe en finale du Mondial 74, à domicile, après un match parfaitement maîtrisé contre le favori de la compétition, les Pays-Bas (victoire 2-1 de la RFA). Il s’agit du premier doublé Euro-Mondial de l’histoire. Il faudra attendre 36 ans pour que cet exploit soit renouvelé.

Contrairement aux Espagnols, les Allemands ne parviendront pas à réaliser un triplé historique, battus en finale de l’Euro 76 par la Tchécoslovaquie. Une finale achevée aux tirs aux buts, et marquée par le pénalty légendaire d’Antonin Panenka.

L’Allemagne de l’Ouest, encore elle, remporte l’Euro 80 en Italie, avant de s’incliner en finale du Mondial 82 face à des Italiens héroïques, emmenés par leur buteur providentiel Paolo Rossi. En 1984, la France remporte « son » Euro à domicile, avec un Michel Platini en état de grâce. Le meneur de jeu de la Juventus de Turin marque neuf buts pendant la compétition, dont un coup franc décisif en finale face à l’infortuné gardien espagnol Arconada. Hélas, les Bleus ne confirmeront pas ce succès lors du Mondial 86. Après une victoire mythique face au Brésil en quarts de finale, les coéquipiers d’un Platini blessé s’inclinent pour la deuxième fois consécutive à ce stade de la compétition face à l’Allemagne.

Les Pays-Bas, souvent maudits dans les grands rendez-vous, remportent enfin un grand tournoi en 1988. Le trio infernal du Milan AC, Gullit-Rijkaard-Van Basten, vient à bout en finale de l’Euro de la redoutable équipe soviétique (2-0). Marco Van Basten  marque ce jour-là ce qui est sans doute le plus but de l’histoire de cette compétition face à l’excellent gardien soviétique Rinat Dassaev. Deux ans plus tard, les Hollandais sont éliminés par les Allemands en huitièmes de finale du Mondial italien. Encore loupé!

Andrés Iniesta, nouveau prince d’Espagne

Le Danemark, invité de dernière heure de l’Euro 92, remporte la compétition à la surprise générale. Deux ans plus tard, les Danois ne brillent guère lors du Mondial américain. Le scénario se répète avec l’Angleterre, qui remporte l’Euro 96 à domicile avant de sombrer  lors du Mondial 98 organisé en France.

Il faudra attendre l’Euro 2000 pour assister à un exploit inédit : un doublé Mondial-Euro. Les Bleus de Zidane confirment leur titre de champion du monde en s’imposant en finale à Rotterdam face à l’Italie (2-1, but en or de David Trezeguet). Un match qui, comme le France-Allemagne de Séville, appartient à la légende du football français.

La Grèce, vainqueur surprise de l’Euro 2004 organisé au Portugal, est absente du Mondial suivant. L’Espagne remporte l’édition 2008 avant  de s’imposer pour la première fois dans un Mondial en 2010 en Afrique du Sud. Cet exploit, seulement réalisé auparavant par la RFA, est l’œuvre du petit meneur de jeu de Barcelone Andrés Inesta, auteur du but décisif au cours des prolongations (Espagne-Pays-Bas 1-0). Les Espagnols, sur un nuage, remporteront une nouvelle fois l’Euro en 2012 face à l’Italie (4-0), réalisant ainsi un triplé historique, mais n’arriveront pas à confirmer leur titre mondial en 2014 au Brésil.

L’Espagne aura l’occasion dans quelques semaines de remporter son troisième titre européen consécutif. Orphelins de leur meneur de jeu Xavi, les Espagnols seront-ils à la hauteur? A l’exception des Pays-Bas, tous les cadors du continent seront présents en juin prochain en France. L’Allemagne, championne du monde en titre, et la France, pays organisateur, mais aussi l’Angleterre, l’Italie, l’étonnante Belgique ou, pourquoi pas, le Portugal de Ronaldo entendent également s’imposer, à deux ans d’un Mondial russe très attendu.

Patrick MORCELI

Les livres qui ont forgé l’âme russe

L’hebdomadaire russe Rousskiï Reporter a dressé une liste de 100 livres à lire absolument pour mieux saisir l’âme russe. « Le Maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov arrive en tête de ce palmarès.

Si Léon Tolstoï est considéré par les Russes comme le plus grand auteur de leur pays (voir notre article « Le plus grand écrivain russe est… »), leur amour pour la littérature ne se limite pas aux grands classiques. Ni aux frontières de ce vaste pays !

Le site du Courrier de Russie a publié récemment une liste dressée par l’hebdomadaire Rousskiï Reporter proposant  100 livres à lire absolument pour mieux saisir l’âme russe.

« Les journalistes ont ici dans l’idée de faire découvrir la culture russe d’aujourd’hui au travers de la littérature mondiale, présentant chaque roman comme un manuel d’initiation à l’une ou l’autre des spécificités russes », explique Le Courrier de Russie.

On retrouve sans surprise de nombreux classiques de la littérature russe dans ce palmarès, ainsi que plusieurs grands écrivains occidentaux du XXe siècle (l’Allemand Remarque, l’Anglais Orwell, le Colombien Garcia Marques, l’Américain Hemingway, les Français Camus et Saint-Exupéry…). Beaucoup d’illustres inconnus pour nous Français y figurent également, mais ni  Balzac, ni Stendhal, contrairement aux incontournables J.K. Rowling et J.R.R. Tolkien. Comme disent les Russes, « на вкус и на цвет товарищей нет » (les goûts et les couleurs ne se discutent pas).

Patrick MORCELI

 

 

Mondial 2018: l’Argentine tient sa revanche

Battue par le Chili en finale de la Copa America en juillet dernier, l’Argentine a pris sa revanche en s’imposant à Santiago (2-1), dans un match de qualification pour le Mondial 2018. Le Brésil, lui, est toujours à l’arrêt.

Les Argentins tiennent leur revanche. Vexés de s’être fait piéger par les Chiliens en finale de la Copa America 2015 (0-0, défaite 4 tirs aux but à 1), les coéquipiers de Lionel Messi (notre photo) ont pris leur revanche, s’imposant 2-1 à Santiago du Chili le 24 mars, dans un match qualificatif pour le prochain Mondial, organisé en 2018 en Russie.

Rapidement menés au score par un but de Felipe Gutierrez, les Argentins ont égalisé grâce au Parisien Angel Di Maria, auteur d’une jolie frappe enroulée du droit, avant de prendre l’avantage sur un ciseau de leur défenseur latéral Gabriel Mercado.

Aucun but n’ayant été marqué après la pause, les Argentins ont réalisé une excellente opération, d’autant plus que les hommes de Tata Martino se sont à nouveau imposés, cinq jours plus tard à Cordoba, face à la Bolivie (2-0, buts de Mercado et Messi).

Rien ne va plus en revanche pour le Brésil, une nouvelle fois décevant face à l’Uruguay puis au Paraguay. Le 25 mars à Recife, les Brésiliens ont marqué deux buts au cours des 25 premières minutes (Costa et Augusto), avant de succomber aux coups de boutoir du duo d’attaque uruguayen Cavani-Suarez (score final 2-2). Quatre jours plus tard à Asuncion, les coéquipiers de Neymar n’ont pu faire mieux. Menés 2-0 par le Paraguay, les quintuples champions du monde n’ont dû leur salut qu’à une égalisation du défenseur barcelonais Dani Alves dans le temps additionnel (2-2).

L’Uruguay et l’Équateur dominent toujours ces qualifications (13 points), devant l’Argentine (11). Le Brésil, seulement 6e après six matchs, est pour l’instant éliminé.

Patrick Morceli

 

 

Le dernier dribble de Johan Cruyff

Johan Cruyff s’en est allé, cette fois-ci définitivement, le jeudi 24 mars à l’âge de 68 ans. Tout a été dit sur la carrière de l’artiste néerlandais, attaquant de génie, coach visionnaire qui a inspiré le jeu flamboyant du grand Barcelone, dont le seul faux-pas aura été de perdre la finale de la Coupe du monde 1974 face à l’Allemagne du grand Franz Beckenbauer (notre photo). Plus que des mots, en ces moments de recueillement, laissons les images parler.

 

 

Le plus grand écrivain russe est…

Un sondage a été réalisé récemment auprès des Russes. La question: quel est selon vous l’écrivain russe le plus éminent? Surprise! Pouchkine n’arrive qu’en quatrième position de ce palmarès.

L’information a été rapportée sur la page Facebook « Fous d’Anton Tchekhov ». Un sondage a été réalisé auprès des Russes sur les auteurs les plus représentatifs de la littérature de leur pays. 47% ont désigné Léon Tolstoï comme étant le plus éminent. A la seconde place, avec 23%, on retrouve Dostoïevski, devant Tchekhov (18%), Pouchkine (15%), Gogol (13%) à égalité avec Cholokhov, alors que Boulgakov obtient 11%. Viennent ensuite Tourgueniev (9%), Gorki (7%), Lermontov ( 6%) et Soljenitsyne (5%).

Si Pouchkine reste l’écrivain le plus populaire en Russie, il paie sans doute la relative désaffection dont est victime la poésie de nos jours. Le roman étant devenu, au fil du temps, un art littéraire majeur, c’est sans surprise que l’on retrouve aux deux premières places de ce palmarès les deux grands romanciers russes, Léon Tolstoï et Fédor Dostoïevski, dont les œuvres sont admirées non seulement en Russie, mais dans le monde entier. La troisième place d’Anton Tchekhov n’est pas non plus une surprise, l’ancien médecin pouvant être considéré comme l’un des plus grands auteurs dramatiques, doublé d’un nouvelliste de premier plan.

L’hommage de Tchekhov à Tolstoï

« Je redoute la mort de Tolstoï. S’il mourait, il y aurait un grand vide dans ma vie. Premièrement, parce que je n’ai jamais aimé personne comme lui ; je suis un incroyant, mais de toutes les formes de foi, je considère la sienne comme celle qui m’est la plus proche et me convient le mieux. Deuxièmement, lorsque dans la littérature il y a Tolstoï, il est facile et agréable d’être un littérateur ; même si on a conscience de n’avoir rien fait et de ne rien faire, ça ne fait pas si peur, parce que Tolstoï travaille pour tout le monde. Son activité sert à la justification des attentes et des espérances que l’on met dans la littérature. Troisièmement, Tolstoï est solide sur ses jambes, son autorité est immense et, tant qu’il est en vie, les mauvais goûts en littérature, toutes les formes de la vulgarité, impudente et larmoyante, tous les amours-propres rugueux, irrités, resteront au loin et enfouis dans l’ombre. »

Cet extrait d’une lettre envoyée par Anton Tchekhov au critique Menchikov montre l’influence qu’a pu exercer Tolstoï sue les écrivains de sa génération. Les deux auteurs se sont rencontrés à de nombreuses reprises (notre photo), et Tolstoï est toujours apparu comme un maître pour son cadet, même si ce dernier, sceptique de nature, ne partageait guère un optimisme messianique qui, selon le médecin qu’il était, se heurtait de plein fouet à la réalité.

Léon Tolstoï a publié deux livres qui sont encore aujourd’hui considérés comme deux des plus grands romans de la littérature mondiale. « Guerre et paix » (1869), œuvre gigantesque mettant en scène plus de 500 personnages, que l’auteur a mis dix ans à écrire, du pays par les troupes de Napoléon en 1812. « Anna Karénine » (1977), chef d’oeuvre du roman psychologique, est aussi une critique acerbe des meurs aristocratiques russes de la deuxième partie du XIXe siècle. Paru en France en 1885, ce roman marque l’entrée triomphale de la littérature russe dans la culture européenne.

Tolstoï, de Rousseau à Gandhi…

L’œuvre de Léon Tolstoï est tellement riche et sa personnalité si complexe qu’il est difficile de la résumer en quelques lignes. Influencé à bien des égards par la philosophie morale de Jean-Jacques Rousseau, le patriarche de Iasnaïa Poliana a entretenu, à la fin de sa vie, une brève correspondance avec le jeune Gandhi, qui s’est inspiré de sa « non-résistance au mal par la violence » pour édifier sa doctrine de « non-violence ».

Dans un texte intitulé « Tolstoï, le plus chrétien des anarchistes », le site Philitt tente de nous éclairer sur un auteur pour lequel littérature et philosophie étaient indissociables.

Patrick Morceli

France-Russie mardi au Stade de France

La France affrontera la Russie mardi à 20 heures en match amical au Stade de France. Les deux équipes, qui disputeront dans quelques mois le championnat d’Europe de football organisé en France, ne se sont plus affrontées depuis 2002. Elles se sont affrontées à cinq reprises depuis la disparition de l’Union soviétique. Le bilan est équilibré : deux victoires françaises, un match nul et deux victoires russes.

Les Bleus entraînés par Didier Deschamps se sont bien repris après un passage à vide il y a un an. Sous l’impulsion des valeurs montantes du football français, Paul Pogba (Juventus de Turin) et Antoine Griezmann (Atlético Madrid), les Français ont enchaîné les belles performances, battant notamment l’Allemagne (2-0) puis, vendredi dernier, les Pays-Bas (3-2), respectivement championne du monde et 3e du dernier Mondial.

La Russie du vétéran Alexandre Kerjakov (notre photo) s’est qualifiée in-extremis pour l’Euro 2016, après un parcours chaotique marqué par l’éviction du coach italien Fabio Capello. Les Russes se sont imposés samedi à Moscou face à la Lituanie (3-0), grâce à des buts de Smolov, Golovin et Glouchakov. La sélection entraînée par Leonid Sloutski se trouvera dans le groupe B à l’Euro avec l’Angleterre, le Pays de Galles et la Slovaquie.

Patrick Morceli

Mondial 2018 : l’Argentine décolle enfin

Toujours privé de Messi et Agüero, le vice-champion du monde argentin a remporté sa première victoire dans son groupe de qualification pour le Mondial 2018, le 17 novembre, en Colombie (1-0). Le seul but du match  a été marqué à la 20e minute par le milieu de terrain de la Lazio de Rome, Lucas Biglia.

Tenus en échec par le Brésil (1-1), quelques jours plus tôt, à Buenos Aires, les Argentins se replacent à la 6e place d’un groupe de qualification toujours dominé par l’Equateur (4 matchs, 4 victoires).  Les quatre premiers de la zone AmSud seront qualifiés pour la phase finale. Le cinquième jouera un barrage intercontinental face au vainqueur de la zone Océanie.

Patrick MORCELI

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